Traité de savoir-vivre à l’usage des embryons

Auteur


Parution: Février 2018
Pages: 234
Format: 130mm x 205mm
Prix: 29,95 $
ISBN: 978-2260032342


Traité de savoir-vivre à l’usage des embryons

Si vous aimez Groucho Marx, les enfants, Woody Allen, le sexe et les boulettes aux artichauts, si la béatitude convenue des femmes enceintes et des futurs papa vous exaspère, alors cette confession ultraculottée d’une jeune femme qui n’a pas froid aux yeux est faite pour vous.

 

Écrire à son fils avant même sa naissance, pour lui raconter d’où il vient (des quatre coins du monde), dans quelles circonstances (baroques) il fut conçu, et toutes les forces qui auraient pu l’empêcher de voir le jour (ça ne tint qu’à un fil), voilà sans doute une saine précaution. Lui expliquer sans détour quel genre d’énergumènes sont ses parents c’est peut-être même lui épargner par avance vingt ans de psychanalyse. Surtout quand le bébé à venir est le fruit d’une rencontre pour le moins improbable entre une très jeune femme originaire de Tahiti et un des plus prestigieux éditeurs parisiens, qui a l’âge d’être son père. Car tout s’opposait à cette union. D’abord la peur du qu’en-dira-t-on, voire du ridicule (Quel vieux cochon ! Et elle, quelle petite arriviste !) ; leur culture (séfarade, pour elle, vénération de la bonne chère et goût de la fête ; ashkénaze, pour lui, poids du passé et certitude qu’une visite à Auschwitz est le plus beau des cadeaux d’anniversaire) ; leur milieu (elle, fauchée, vivant dans un sous-sol et s’habillant chez H&M ; lui, élégant spécimen de la haute bourgeoisie). Mais, l’amour, ça ne se commande pas, et c’est bien là le problème. Tout en s’excusant auprès de son futur enfant pour les inévitables conflits auxquels l’avenir ne manquera pas de le confronter, l’auteure s’empresse d’anticiper avec une honnêteté désarmante les questions les plus légitimes, qui sont souvent les plus intimes. Malgré son ton corrosif, cet autoportrait sans concession n’en demeure pas moins une déclaration d’amour d’un romantisme échevelé. Avec cet examen de conscience complètement loufoque, Anne Akrich nous rappelle que l’autofiction n’est pas toujours plaintive ni doloriste. Elle peut même être hilarante, sans pour autant manquer de sincérité. Au gré de courts chapitres, précédés d’en-têtes plus drôles les uns que les autres, se côtoient pêle-mêle des références littéraires (Saul Bellow, Philippe Roth, Italo Svevo), de l’humour juif, des réflexions sur les thèmes intemporels de la différence d’âge au sein du couple, du fossé entre les générations, de la lutte des classes et, plus généralement, d’une des plus anxiogènes aventures humaines : la maternité.

AUTEUR

Anne Akrich

Née à Paris en 1986, d'origine polynésienne, Anne Akrich est tunisienne. À l'âge de douze ans, elle part pour Tahiti où elle passera toute son adolescence avant de retrouver la capitale et de poursuivre des études de littérature à la Sorbonne. Elle a commencé un doctorat sur les adaptations cinématographiques d'À la recherche du temps perdu, l'a interrompu pour aller à New York écrire le scénario d'un long métrage de fiction avec Jerry Schatzberg, et de retour à Paris, s'est lancée dans l'écriture de son premier roman, Un mot sur Irène. En parallèle, elle travaille, depuis son lancement, pour le journal Le 1, dirigé par Éric Fottorino.

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