Il se mit à courir le long du rivage

Auteur


Parution: 13Septembre 2001
Pages: 306
Format: 135mm x 215mm
Prix: 39.95 $
ISBN: 978-2-221-09534-8


Il se mit à courir le long du rivage

«J'ai rencontré l'oeuvre de Caravage avant de savoir sa vie: les cris muets de ses toiles, ces scènes de meurtres ou de sacrifices, ces Vierges trop humaines, ces jeunes gens trop tendres, et ces exécuteurs professionnels, il me semblait les connaître. Ils avaient pourtant quatre cents ans. Mais leur violence et leur matière ne cessaient de croiser la nôtre. Ils étaient nos contemporains.Je découvris ensuite la mort du créateur: une fuite solitaire sur une felouque; son cadavre, sans que l'on sache comment sur une plage de la mer Tyrrhénienne. Il avait trente-huit ans; c'était en 1610. Shakespeare vivait encore; Galilée allait être poursuivi; Henri IV de France, assassiné. Et le Caravage, là, au milieu, on l'accusait de peindre hérétique. Alors pourquoi cette mort abandonné et cette gloire ambiguë dans les églises de Rome? Pourquoi cette faveur des princes et des cardinaux, ces querelles de rue et ce meurtre dont on l'accuse?Je lus donc tout ce qui existait en français et en italien sur cette aventure; depuis les savantes études esthétiques jusqu'aux déplorables raccourcis biographiques du genre: «artiste et meurtrier» ou «le glorieux scélérat». De là me prit la nécessité de dire cette «vie violente» – et ce n'est pas par hasard que je prend un titre de Pasolini – à ma façon, c'est-à-dire romanesque.La manière romanesque me paraissait nécessaire pour saisir une existence créatrice où le spirituel et la matière se rejoignent. Assez descriptive d'un temps forcené, de lieux singuliers et de conflits, inséparables du personnage. Et assez libre pour autoriser la priorité à l'écriture sans laquelle « les choses ne sont que ce qu'elles sont».Caravage n'a jamais eu de vraie maison, jamais de longues amours, jamais de paix ni de respectabilité. De Milan à Rome, à Naples, à Malte, à Syracuse, à Messine et à cette plage noire, il n'a jamais cessé de courir le long du rivage. De ce rivage part son histoire, ce roman.»Christian Liger

«J’ai rencontré l’oeuvre de Caravage avant de savoir sa vie: les cris muets de ses toiles, ces scènes de meurtres ou de sacrifices, ces Vierges trop humaines, ces jeunes gens trop tendres, et ces exécuteurs professionnels, il me semblait les connaître. Ils avaient pourtant quatre cents ans. Mais leur violence et leur matière ne cessaient de croiser la nôtre. Ils étaient nos contemporains.Je découvris ensuite la mort du créateur: une fuite solitaire sur une felouque; son cadavre, sans que l’on sache comment sur une plage de la mer Tyrrhénienne. Il avait trente-huit ans; c’était en 1610. Shakespeare vivait encore; Galilée allait être poursuivi; Henri IV de France, assassiné. Et le Caravage, là, au milieu, on l’accusait de peindre hérétique. Alors pourquoi cette mort abandonné et cette gloire ambiguë dans les églises de Rome? Pourquoi cette faveur des princes et des cardinaux, ces querelles de rue et ce meurtre dont on l’accuse?Je lus donc tout ce qui existait en français et en italien sur cette aventure; depuis les savantes études esthétiques jusqu’aux déplorables raccourcis biographiques du genre: «artiste et meurtrier» ou «le glorieux scélérat». De là me prit la nécessité de dire cette «vie violente» – et ce n’est pas par hasard que je prend un titre de Pasolini – à ma façon, c’est-à-dire romanesque.La manière romanesque me paraissait nécessaire pour saisir une existence créatrice où le spirituel et la matière se rejoignent. Assez descriptive d’un temps forcené, de lieux singuliers et de conflits, inséparables du personnage. Et assez libre pour autoriser la priorité à l’écriture sans laquelle « les choses ne sont que ce qu’elles sont».Caravage n’a jamais eu de vraie maison, jamais de longues amours, jamais de paix ni de respectabilité. De Milan à Rome, à Naples, à Malte, à Syracuse, à Messine et à cette plage noire, il n’a jamais cessé de courir le long du rivage. De ce rivage part son histoire, ce roman.»Christian Liger

AUTEUR

Christian Liger

Essayiste, romancier (Le Roman de Rossel, La Nuit du Faraman), Christian Liger est aussi le « biographe » passionné de Nîmes, sa ville natale (Nîmes sans visa).

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