Théâtres de la cruauté et récits sanglants


Parution: 12Juin 2006
Pages: 1120
Format: 132mm x 198mm
Prix: 59.95 $
ISBN: 978-2-221-10342-5


Théâtres de la cruauté et récits sanglants

C'est ainsi : nous prenons parfois plaisir à voir et à lire les horreurs du monde. L'actuel succès des films gore témoigne de ce penchant mais la représentation du sang et de la cruauté n'a rien de nouveau. Au tournant des XVIe et XVIIe siècles, la France est en charpie : le terrible bain de sang des guerres de Religion a marqué les esprits et le calme relatif du règne d'Henri IV n'empêche pas la mémoire des violences passées. De nouveaux auteurs, s'adressant à de nouveaux publics, ont ainsi, en France, la liberté d'inventer d'étonnantes formes littéraires. Alexandre Hardy, le plus prolifique des auteurs dramatiques du XVIIe siècle, et de nombreux dramaturges normands mettent le crime en honneur et la rime à l'horreur sur les échafauds de théâtre : ici, on ne cache pas hors scène pour tuer. François de Belleforest, François de Rosset, Jean-Pierre Camus publient des recueils d'« histoires tragiques » qui deviennent, et pour longtemps, de véritables best-sellers, catalogues de récits de viols, de meurtres, de nez coupés, d'yeux crevés, de coeurs mangés et de toutes sortes de catastrophes. Cette littérature qui n'a pas froid aux yeux pose aussi des questions essentielles : Qu'est-ce que l'acte d'un régicide ? Qui est cet Autre qu'on assassine ? Ce volume contient cent « histoires tragiques » et une dizaine de tragédies particulièrement saisissantes qui bouleversent l'idée que l'on peut avoir du XVIIe siècle et font ressurgir une partie de notre histoire littéraire longtemps niée, aussi moderne que le théâtre de Shakespeare ou que les récits sadiens. Leur héros, s'ils ne sont pas des saints, n'en incarnent pas moins à leur manières, une légende non plus « dorée » mais « écarlate ».

C’est ainsi : nous prenons parfois plaisir à voir et à lire les horreurs du monde. L’actuel succès des films gore témoigne de ce penchant mais la représentation du sang et de la cruauté n’a rien de nouveau. Au tournant des XVIe et XVIIe siècles, la France est en charpie : le terrible bain de sang des guerres de Religion a marqué les esprits et le calme relatif du règne d’Henri IV n’empêche pas la mémoire des violences passées. De nouveaux auteurs, s’adressant à de nouveaux publics, ont ainsi, en France, la liberté d’inventer d’étonnantes formes littéraires. Alexandre Hardy, le plus prolifique des auteurs dramatiques du XVIIe siècle, et de nombreux dramaturges normands mettent le crime en honneur et la rime à l’horreur sur les échafauds de théâtre : ici, on ne cache pas hors scène pour tuer. François de Belleforest, François de Rosset, Jean-Pierre Camus publient des recueils d’« histoires tragiques » qui deviennent, et pour longtemps, de véritables best-sellers, catalogues de récits de viols, de meurtres, de nez coupés, d’yeux crevés, de coeurs mangés et de toutes sortes de catastrophes. Cette littérature qui n’a pas froid aux yeux pose aussi des questions essentielles : Qu’est-ce que l’acte d’un régicide ? Qui est cet Autre qu’on assassine ? Ce volume contient cent « histoires tragiques » et une dizaine de tragédies particulièrement saisissantes qui bouleversent l’idée que l’on peut avoir du XVIIe siècle et font ressurgir une partie de notre histoire littéraire longtemps niée, aussi moderne que le théâtre de Shakespeare ou que les récits sadiens. Leur héros, s’ils ne sont pas des saints, n’en incarnent pas moins à leur manières, une légende non plus « dorée » mais « écarlate ».

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