Nostradamus – Le pré-aux-clers – Fiorinda la belle

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Parution: 02Mai 2000
Pages: 992
Format: 133mm x 199mm
Prix: 44.95 $
ISBN: 978-2-221-09038-1


Nostradamus – Le pré-aux-clers – Fiorinda la belle

" À travers les sables brûlants du désert égyptien, un homme s'avançait d'un pas égal, volontaire et rude, comme si par cette marche, il eût déjà défié l'ennemi vers lequel il allait. L'homme en marche dans le désert de sable ne cherchait pas à ressusciter dans son esprit les villes à jamais muettes, cadavres qui achevaient de pourrir sous la terre. Son regard, son visage flamboyant, son attitude, son pas qui talonnait rudement, son être entier se tendait vers un point unique, vers on ne sait quoi d'énorme, de monstrueux qui, à l'horizon dressait dans le ciel pâle sa silhouette fantastique. Et ce quelque chose, c'était le Sphinx. Et cet homme qui allait au Sphinx, c'était Nostradamus. [...] Nostradamus arriva au Sphinx un peu avant minuit. Il fixa un regard avide sur le colosse, à la lueur des étoiles, distingua une porte de bronze placée entre les jambes de devant. Les griffes titanesques semblaient défendre aux hommes l'approche de cette porte. Mais à quoi bon les griffes ? Nulle caravane faisant halte au pied des Pyramides n'osait toucher à ce bronze. Les bandits embusqués pour détrousser les voyageurs s'écartaient avec respect de la porte magique. Dans les tribus errantes, on se racontait que jadis, au fond des siècles lointains, des hommes contemporains d'Isis, puis de Platon, puis de Jésus-Christ avaient connu le secret qui permettait d'ouvrir cette porte. Mais, depuis des siècles, ce secret était perdu. Où allait-on par là ? Qui le savait !... C'était l'entrée du Mystère, voilà tout. Nostradamus murmura : - Dans quelques minutes ma vingt-quatrième année sera accomplie. Voici le Sphinx. Et voici par où je dois entrer dans le sein du Sphinx. Par là je dois descendre jusqu'à l'Énigme et terrasser sa volonté par ma volonté. Ô mon père, pour obéir à l'ordre que tu m'as laissé en mourant, j'ai abandonné le monde. Vengeance, conduis-moi ! Ô mon père, vous savez ce que j'ai souffert, et quel formidable serment je me suis fait à moi-même, et que, pour tenir ce serment, il me faut la puissance, toute la richesse, toute la science... Ô mon père, me voici devant la porte du Mystère. Que dois-je faire ? Un instant, il demeura en proie à une vertigineuse rêverie, tout seul au plus profond de l'heure mystérieuse, avec l'immensité derrière lui, et le Sphinx devant lui... Tout à coup, il marcha à la porte, et, du poing, frappa trois coups ; les deux premiers très rapprochés, le troisième un peu plus espacé. Dans le même instant la porte s'ouvrit. Nostradamus se sentit frémir jusqu'à l'âme ; mais aucune émotion ne se manifesta sur son visage ; il entra sans hâte, sans crainte apparente ; à peine eut-il franchi le seuil que derrière lui la porte de bronze se referma avec un bruit de tonnerre. Des ténèbres opaques enveloppèrent Nostradamus, puis, tout à coup, une aveuglante lumière l'inonda. Il regarda autour de lui, et se vit dans une salle immense autour de laquelle étaient symétriquement disposés des sarcophages de pierre polie. Nostradamus les compta rapidement ; il y avait douze tombeaux. Il ne vit aucune issue à cette salle taillée en plein roc. Il s'avança pourtant, et, comme il arrivait au centre de cette crypte, il vit le couvercle de granit de l'un des tombeaux se soulever lentement, puis un autre, puis tous les douze. Les dalles énormes se soulevaient, mues par une force invisible. Quand elles furent debout, de l'une des tombes se leva un être - homme ? spectre ? ... Puis, de la tombe voisine, puis des douze tombes béantes se levèrent lentement des fantômes... "

 » À travers les sables brûlants du désert égyptien, un homme s’avançait d’un pas égal, volontaire et rude, comme si par cette marche, il eût déjà défié l’ennemi vers lequel il allait.
L’homme en marche dans le désert de sable ne cherchait pas à ressusciter dans son esprit les villes à jamais muettes, cadavres qui achevaient de pourrir sous la terre. Son regard, son visage flamboyant, son attitude, son pas qui talonnait rudement, son être entier se tendait vers un point unique, vers on ne sait quoi d’énorme, de monstrueux qui, à l’horizon dressait dans le ciel pâle sa silhouette fantastique. Et ce quelque chose, c’était le Sphinx. Et cet homme qui allait au Sphinx, c’était Nostradamus. […]
Nostradamus arriva au Sphinx un peu avant minuit. Il fixa un regard avide sur le colosse, à la lueur des étoiles, distingua une porte de bronze placée entre les jambes de devant. Les griffes titanesques semblaient défendre aux hommes l’approche de cette porte. Mais à quoi bon les griffes ? Nulle caravane faisant halte au pied des Pyramides n’osait toucher à ce bronze. Les bandits embusqués pour détrousser les voyageurs s’écartaient avec respect de la porte magique. Dans les tribus errantes, on se racontait que jadis, au fond des siècles lointains, des hommes contemporains d’Isis, puis de Platon, puis de Jésus-Christ avaient connu le secret qui permettait d’ouvrir cette porte. Mais, depuis des siècles, ce secret était perdu. Où allait-on par là ? Qui le savait !… C’était l’entrée du Mystère, voilà tout.
Nostradamus murmura :
– Dans quelques minutes ma vingt-quatrième année sera accomplie. Voici le Sphinx. Et voici par où je dois entrer dans le sein du Sphinx. Par là je dois descendre jusqu’à l’Énigme et terrasser sa volonté par ma volonté. Ô mon père, pour obéir à l’ordre que tu m’as laissé en mourant, j’ai abandonné le monde. Vengeance, conduis-moi ! Ô mon père, vous savez ce que j’ai souffert, et quel formidable serment je me suis fait à moi-même, et que, pour tenir ce serment, il me faut la puissance, toute la richesse, toute la science… Ô mon père, me voici devant la porte du Mystère. Que dois-je faire ?
Un instant, il demeura en proie à une vertigineuse rêverie, tout seul au plus profond de l’heure mystérieuse, avec l’immensité derrière lui, et le Sphinx devant lui… Tout à coup, il marcha à la porte, et, du poing, frappa trois coups ; les deux premiers très rapprochés, le troisième un peu plus espacé. Dans le même instant la porte s’ouvrit. Nostradamus se sentit frémir jusqu’à l’âme ; mais aucune émotion ne se manifesta sur son visage ; il entra sans hâte, sans crainte apparente ; à peine eut-il franchi le seuil que derrière lui la porte de bronze se referma avec un bruit de tonnerre. Des ténèbres opaques enveloppèrent Nostradamus, puis, tout à coup, une aveuglante lumière l’inonda. Il regarda autour de lui, et se vit dans une salle immense autour de laquelle étaient symétriquement disposés des sarcophages de pierre polie.
Nostradamus les compta rapidement ; il y avait douze tombeaux. Il ne vit aucune issue à cette salle taillée en plein roc. Il s’avança pourtant, et, comme il arrivait au centre de cette crypte, il vit le couvercle de granit de l’un des tombeaux se soulever lentement, puis un autre, puis tous les douze. Les dalles énormes se soulevaient, mues par une force invisible. Quand elles furent debout, de l’une des tombes se leva un être – homme ? spectre ? … Puis, de la tombe voisine, puis des douze tombes béantes se levèrent lentement des fantômes… « 

AUTEUR

Michel Zevaco

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