Rock’n’roll is here to stay

Auteur


Parution: 07Mai 2014
Pages: 448
Format: mm x mm
Prix: 34.95 $
ISBN: 978-2-221-13080-3


Rock’n’roll is here to stay

5 juillet 1954. À Memphis, un jeune inconnu du nom d'Elvis Presley enregistre That's All Right (Mama) et porte le rock'n'roll sur les fonts baptismaux. Soufflant ses soixante bougies cette année, le rock, censé ne durer que le temps d'un été, n'entend pourtant pas faire valoir ses droits à la retraite. En témoigne ce concert récent des Who à Bercy, auquel assiste Bruno Lesprit. Trois générations sont réunies pour entendre My Generation, titre enregistré en 1965. « J'espère mourir avant de vieillir » chante Roger Daltrey. Une proclamation quelque peu incongrue dans la bouche d'un rocker du troisième âge. Tel Dorian Gray, le rock entretient en effet l'illusion d'une jeunesse éternelle. Donné pour mort au moment du départ d'Elvis à l'armée, mis à mal par le disco, chahuté par le punk, déboussolé par le rap, il a su se réinventer en permanence au prix de nombreuses métamorphoses. Pourquoi le rock refuse-t-il d'abdiquer et de passer la main ? Parce que dès l'instant où les baby-boomers qui lui avaient donné naissance se sont emparés des leviers du pouvoir, répond Bruno Lesprit, il s'est institutionnalisé ? au point de se transformer en instrument de domination culturelle. Pourtant, le rock actuel est au bord de l'essoufflement. Ne serait-ce que parce que parents, enfants et petits-enfants s'entendent désormais : cette musique ? par essence éphémère, emblématique du désir d'émancipation d'une jeunesse en butte à l'autorité ? est devenue la norme universelle. L'attitude rock n'a donc plus grand-chose à voir avec la rébellion initiale, elle relève davantage d'une posture, standardisée et, en définitive, parfaitement inoffensive, conclut Bruno Lesprit dans cet ouvrage aussi incisif que brillant.

5 juillet 1954. À Memphis, un jeune inconnu du nom d’Elvis Presley enregistre That’s All Right (Mama) et porte le rock’n’roll sur les fonts baptismaux. Soufflant ses soixante bougies cette année, le rock, censé ne durer que le temps d’un été, n’entend pourtant pas faire valoir ses droits à la retraite. En témoigne ce concert récent des Who à Bercy, auquel assiste Bruno Lesprit. Trois générations sont réunies pour entendre My Generation, titre enregistré en 1965. « J’espère mourir avant de vieillir » chante Roger Daltrey. Une proclamation quelque peu incongrue dans la bouche d’un rocker du troisième âge.

Tel Dorian Gray, le rock entretient en effet l’illusion d’une jeunesse éternelle. Donné pour mort au moment du départ d’Elvis à l’armée, mis à mal par le disco, chahuté par le punk, déboussolé par le rap, il a su se réinventer en permanence au prix de nombreuses métamorphoses. Pourquoi le rock refuse-t-il d’abdiquer et de passer la main ? Parce que dès l’instant où les baby-boomers qui lui avaient donné naissance se sont emparés des leviers du pouvoir, répond Bruno Lesprit, il s’est institutionnalisé ? au point de se transformer en instrument de domination culturelle.

Pourtant, le rock actuel est au bord de l’essoufflement. Ne serait-ce que parce que parents, enfants et petits-enfants s’entendent désormais : cette musique ? par essence éphémère, emblématique du désir d’émancipation d’une jeunesse en butte à l’autorité ? est devenue la norme universelle. L’attitude rock n’a donc plus grand-chose à voir avec la rébellion initiale, elle relève davantage d’une posture, standardisée et, en définitive, parfaitement inoffensive, conclut Bruno Lesprit dans cet ouvrage aussi incisif que brillant.

AUTEUR

Bruno Lesprit

Bruno Lesprit a commencé à écrire sur les musiques populaires, rock et chanson, avant de devenir rédacteur en chef adjoint du service Culture du journal Le Monde où il travaille depuis 1994. Il a notamment cosigné, en 2010, avec Olivier Nuc, la biographie Bashung l'imprudent (Don Quichotte).

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