Avec Dieu, on ne discute pas !

Auteur


Parution: Novembre 2020
Pages: 384
Format: 135mm x 215mm
Prix: 31,95 $
ISBN: 978-2221247037


Avec Dieu, on ne discute pas !

Un essai détonant et iconoclaste sur un enjeu majeur de nos sociétés contemporaines : la radicalisation du religieux.

Dans L’Express, en mai 1955, Malraux déclarait : « Je pense que la tâche du prochain siècle… va être d’y réintégrer les Dieux. » Il est vrai que l’Occident européen voyait alors l’avenir de l’humanité comme le sien : le recul du religieux, les avancées de la démocratie libérale, l’adhésion au « progrès » scientifique, technique et rationaliste. Or, à près d’un quart de siècle d’existence du XXIe siècle, nous devons dresser ce constat : les radicalismes religieux sont aujourd’hui les principaux facteurs de résistance violente à la mondialisation du citoyen consommateur. Et il faut bien écrire radicalismes au pluriel : en effet, le concept de « radicalisation » et la « guerre globale contre le terrorisme » sont essentiellement employés à expliquer les dérives salafistes de l’islam, sans jamais le mettre en lien avec les autres postures religieuses radicales. C’est devenu le concept central des politiques anti-terroristes et plus largement la lentille déformante à travers laquelle l’islam et les communautés musulmanes sont perçus par les responsables politiques, conseillers, experts, universitaires, psychologues… Personne ne traite de la même façon les néo-évangéliques américains ou les juifs radicaux. Quant aux derniers arrivés sur le marché de la radicalisation, les bouddhistes et hindouistes du BJP, on les considère à peine dignes d’intérêt. Or tel est l’objet de ce livre : montrer comment tous ces radicalismes dessinent la géopolitique moderne. Car c’est la religion sous sa forme la plus radicale qui instrumentalise le politique et non le contraire, déterminant la géographie de la majorité des crises violentes depuis la fin de la Guerre Froide : Balkans, Irlande, Israël/Palestine, guerre Iran/Irak, guerres sunnites/chiites ; catholiques/protestants au Rwanda et en Irlande, Soudan, etc.

Si les ressemblances entre ces radicalismes sont nombreuses, chacun a son propre agenda et tous ne visent pas un objectif planétaire. Mais tous ces mouvements radicaux sont devenus des moteurs à explosion des relations internationales. Face à ce danger, il faut cesser de traiter les religions sous l’angle de la liberté de conscience. Les poussées radicales sont parvenues à déplacer la limite du « dicible » sur le droit des femmes, l’exclusion, la conversion, le blasphème, la laïcité, la tolérance et demain les LGBT. Et réexaminer notre outillage intellectuel en analysant les postures religieuses en termes politiques. Les mêmes discours d’exclusion tenus par des néo-nazis ou des extrémistes suprémacistes seraient immédiatement condamnés, pourquoi faut-il les tolérer quand ils sont tenus par des religieux radicaux, quelle que soit leur « chapelle » ?

AUTEUR

Pierre Conesa

Pierre Conesa, agrégé d'histoire et ancien élève de l'ENA, fut membre du Comité de réflexion stratégique du ministère de la Défense. Enseignant à Sciences-Po, il écrit régulièrement dans le Monde diplomatique et diverses revues de relations internationales. Il est notamment l'auteur de Guide du Paradis : publicité comparée des au-delà (L'Aube, 2004 et 2006), de Les Mécaniques du chaos : bushisme, prolifération et terrorisme (L'Aube, 2007) et de La Fabrication de l'ennemi (Robert Laffont, collection « Le Monde comme il va », 2011).

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